Lorsque débute la création d’un jeu vidéo, ses auteurs font appel à des artistes peintres dont les joueurs connaissent souvent les images ; rarement les noms. Des acteurs placés au cœur de la fabrique de nos imaginaires.
Ces artistes, désignés sous le terme d’artiste idéel, ont pour mission de poser les fondations visuelles d’un projet : décors, personnages, artefacts, séquences narratives clés. Leurs représentations prototypiques guident des équipes de production entières. Issus de l’illustration, de l’infographie ou de la bande dessinée franco-belge, ils se sont imposés en moins de deux décennies comme des figures incontournables des industries culturelles, et du jeu vidéo en particulier.
Sous la supervision d’un directeur artistique, l’artiste idéel explore des territoires plastiques à partir de vastes moodboards inspirationnels ; photographies, dessins, maquettes, archives de musées. C’est là que se tissent les filiations esthétiques, profondes et nombreuses, entre le jeu vidéo et la peinture traditionnelle ou contemporaine. Formes, traits, couleurs, textures, lumière : un jeu peut revendiquer des styles très diversifiés ou s’inscrire dans une tradition picturale établie, ouvrant des voies d’interprétation poétique.
Loin d’être un continent isolé, le jeu vidéo est connecté à l’art de la peinture par des passerelles manifestes et néanmoins peu connues ; passerelles que cette exposition souhaite emprunter. Les œuvres présentées au Musée des Beaux-Arts de Dole, réalisées à l’encre de chine, à l’aquarelle ou sur ordinateur, ont été produites par des studios français et internationaux. Rarement destinées à être vues par le public, elles témoignent de pratiques artistiques diversifiées et de créations encore à l’état naissant.