Né à Épinal, Robin Lopvet développe une pratique nourrie par la culture populaire et geek autant que par l’histoire de l’art. De Là d’où je viens, déambulation nocturne dans sa ville d’origine, à D.O.G.S, série devenue virale sur Internet, l’artiste détourne les codes de la photographie pour produire des images absurdes, kitsch, drôles ou inquiétantes.
Virtuose de Photoshop, Lopvet ne cherche jamais à dissimuler la retouche. Au contraire, le collage est volontairement outrancier et immédiatement perceptible : ses images ne prétendent pas capter le réel, elles revendiquent leur artificialité. Cette démarche, caractéristique de la post-photographie* interroge la manière dont nous fabriquons, partageons et consommons les images.
Dans Objets trouvés, réalisée à Bruxelles, la ville devient un atelier à ciel ouvert. Marchés, façades, déchets et objets du quotidien sont collectés puis recomposés en natures mortes contemporaines. Avec Churches of Late Capitalism, Lopvet transforme les signes et les architectures de la consommation mondialisée en nouveaux lieux de culte. Les films Made in Taiwan et New York, New York prolongent cette réflexion sur les territoires, le voyage et les imaginaires fabriqués par les images.
À l’heure où l’intelligence artificielle générative bouleverse notre rapport à l’image, Lopvet ne cherche donc pas à faire croire. Il montre au contraire que toute image est une construction. Entre mythologies et mythomanies, son travail détourne, transforme et réassemble pour inventer un monde à la fois burlesque, saturé, inquiétant et profondément contemporain.
* Le concept de Post Photographie apparaît en 1992 dans un ouvrage de W. J. Mitchell The Reconfigured Eye. Visual Truth in the Post-Photographic Era. Il inaugure une ère du doute puisqu’il formalise – avec l’arrivée de l’appareil photo numérique – la perte du lien qu’aurait toujours entretenu la photographie avec le réel.
Dans le cadre du Mois de la Photo de Belfort
Vernissage jeudi 5 novembre à 18h30