Le travail de Stéphanie Saadé relève d’une poétique de la suggestion, où le signe se fait discret, presque évanescent. Née durant la guerre civile libanaise, l’artiste interroge la fragmentation comme état constitutif de l’être, transmutant trajectoires personnelles et archives intimes en formes plastiques — selon ce qu’elle nomme une « géométrie de la distance ».
Portrait d’un lac se déploie comme une voile suspendue abritant une cartographie du Liban datant de 1938, au cœur de laquelle une portion poreuse matérialise le lac de Yammouné. Chaque jour, de l’eau y est versée avec soin, saturant la toile jusqu’à dessiner au sol une flaque aux contours du lac réel — convoquant à la fois son cycle vital et sa possible disparition. Tendue par des cordes de chanvre évoquant les forces tectoniques et géopolitiques qui traversent la région, l’œuvre est à la fois rituel de soin et acte de mémoire.
samedi 13 juin, 18h30