Jack Presne, né à Auxerre en 1946, a enrichi l’art contemporain par son oeuvre foisonnante et joyeuse, s’affranchissant de toute étiquette. Sa formation initiale, de l’École du Gué à Tresmes au diplôme de peintre décorateur, puis aux Beaux-Arts d’Auxerre où il côtoya Jean-Michel Doix
et Pierre Defert, lui a donné les bases pour mieux les dépasser.
Presne fut un artiste singulier, refusant de grandir et affirmant que son atelier était sa boite à jouets, une source intarissable d’étonnement. Son style est avant tout une affaire d’attitude : il
déteste qu’on le classe dans le figuratif, l’abstrait ou le Pop Art, car son travail est simplement « du Jack Presne ». Presne se lance sans cesse dans une quête non intellectuelle, où l’oeil pétillant de malice est guidé par une insatiable curiosité. Il utilise le pastel gras sur carton pour agrandir le savoir-faire enneigé l’esprit, déjouant les attentes par l’improvisation. Son oeuvre entière est un appel au
« rire énorme » face à la déraison, une célébration de la jouissance d’un vivant qui pousse l’art jusqu’au bout de son sujet. Il nous rappelle que peindre, c’est se défaire de l’ennui et de la distraction pour embrasser le geste spontané. L’exposition est une fête perpétuelle, un chemin de fantaisie à parcourir, idéalement en Solex, le véhicule emblématique de l’artiste.
L’exposition à Gurgy est une immersion dans cette liberté du geste. Elle présentera des Grands Pastels à l’Huile où l’énergie et la couleur s’appliquent sur la toile avec une pulsation émotionnelle. À cela s’ajouteront ses « petits théâtres », des collages verticaux construits avec des objets oubliés, négligés et maltraités trouvés sur son chemin. Ces assemblages narratifs invitent le visiteur à s’égarer, rêver et se raconter des histoires.