Après une volute de fumée cet été, un éventail d’allumettes craquées pour illuminer Interface en cette période automnale !
Hugues Reip ne joue pas avec le feu, il convoque le hasard et capture des instantanés qui donnent du sens et de la poésie aux choses qui nous sont souvent invisibles.
En 2021, Interface démarre une collaboration avec l’artiste par le biais de notre journal horsdoeuvre n°47. Mofette (2018) apparaît donc en page centrale pour livrer un moment de grâce au coin du bureau de l’artiste. Comme teasing a son exposition personnelle, nous décidons pour l’exposition collective précédente (bodysurf) de réactiver cette image issue de sa série Instants, agrandie et marouflée au mur au-dessus de la cheminée.
Cette exposition personnelle, éclats est donc une suite logique aussi bien pour l’intérêt qu’Interface porte au travail de Hugues Reip mais aussi dans l’enchaînement des propositions artistiques qui semblent tout droit sortie d’une féerie du foyer, du quotidien des choses 1 et de la domestication des objets trouvés, convoqués et associés par l’artiste. Pour l’occasion, un ensemble d’œuvres de tailles assez modestes est réuni pour construire un univers singulier où la poésie se niche dans les détails. Les visiteurs sont conviés à se rapprocher, à user de leur focus optique et intellectuel pour donner du sens, de la magie à ce qui peut paraître au premier regard qu’un assemblage de choses hétéroclites. Chaque fragment a une histoire de cueillette, de récolte 2 au gré des parcours d’une vie : d’un simple déplacement quotidien à un voyage plus lointain. Hugues Reip retient ce que les autres ne regardent pas forcément. Un regard affuté qui, par connexions, assemblages et détournements, permettra de construire des œuvres.
Souvent insolites et surprenantes, l’artiste les élabore avec une économie de moyens – bouts de ficelle, cartons découpés, fragments de poterie, cailloux… – et une apparente simplicité et légèreté.
extrait du texte écrit par Frédéric Buisson