TRAC*
LE BUS TOUR
LE 19, CRAC   GALERIE ROBET DANTEC   GALERRRIE DU GRRRANIT, SCENE NATIONALE   ECOLE D'ART DE BELFORT G. JACOT   ESPACE MULTIMEDIA GANTNER

LE 19, CRAC


Christian Lhopital
L'oeil extravagant, 40 ans de dessins
du 10 octobre 2020 au 31 janvier 2021


Sur la feuille comme sur les murs, le mouvement continu de la main de l’artiste et de ses outils fait émerger figures et nuées de la légèreté même des matières. Il libère des formes vagabondes et fantaisistes, cruelles et facétieuses, souvent incertaines mais nous engageant toujours à les rejoindre dans un espace hanté par des sédiments de lectures et de musiques, par les oripeaux d’une époque et le spectacle du monde.

Depuis les premiers dessins au stylo bille des années soixante-dix jusqu’aux dernières aquarelles, sans oublier les sculptures d’animaux en peluche emprisonnés dans la peinture, la rétrospective des œuvres de Christian Lhopital proposée par le 19 Crac fera dialoguer quarante ans de travaux pour faire émerger les multiples « cohérences aventureuses »(1) que cet œuvre a tissé entre ses diverses séries et par delà les époques. Non programmatiques mais constatées a posteriori, ces « cohérences » restent avant tout guidées par le regard « extravagant » et acéré de l’artiste, un vagabondage libertaire seul rendu possible par le dessin. « Plus je dessine, plus je suis libre » dit-il. La virtuosité graphique de Christian Lhopital a souvent été soulignée mais elle ne compte que pour la formidable liberté de traitement qu’elle lui autorise, sur le fil de la joliesse et du mauvais goût, de l’illustratif et du fantastique, du pathétique et du burlesque.

Anne Giffon-Selle
(Extrait de : Anne Giffon-Selle, Solitude et multitudes, Galerie Michel Descours, Lyon, 2019)

1- G. Didi-Huberman, « Dessin, désir, métamorphose (esquissés sur les ailes d’un papillon) », in Le Plaisir au dessin, musée des Beaux-arts de Lyon, 2007-2008, p. 226.

Le 19, Crac propose ici la première rétrospective sélective de l’artiste.
  http://www.dda-ra.org/fr/oeuvres/LHOPITAL_Christian




Exposition prolongée jusqu'au 31 janvier 2021.

- Film : Réalisation du dessin mural Broken Flowers pour l’exposition au 19 Crac Christian Lhopital, L'œil extravagant, 40 ans de dessins, octobre 2020.

- Playlist proposée par l’artiste Christian Lhopital.

http://le19crac.com/expositions/christian-lhopital-loeil-extravagant-40-ans-dessins

http://le19crac.com
C. Lhopital, Vitrines 2, 30x21cm, 2020


Galerie Robet Dantec


Leah Desmousseaux
Sillages Photographiques
du 24 octobre au 28 novembre 2020


Visite de l'Exposition de Leah Desmousseaux

Leah Desmousseaux fabrique des « images-déserts », des photographies dans lesquelles le spectateur se perd, qui donnent l’illusion d’une altitude extrême ou la sensation d’une macro d’un sol indéfinissable. Expérimentales, les recherches photographiques de Leah Desmousseaux s’inscrivent dans une démarche plasticienne.

Traversées par la figure du vestige et l’esthétique du Désert, ses images naissent de l’hybridation des procédés photographiques analogiques et digitaux. L’artiste conçoit le paysage désertique — cette immensité spatiale et temporelle où se fait l’expérience du vide et du silence — comme un refuge à la saturation de l’information qui caractérise notre monde contemporain. « En tant qu’altérité minérale et sauvage radicale, le désert est un lieu propice à la réévaluation de l’échelle humaine. Il nous pousse à s’interroger sur les différents langages que nous établissons avec notre environnement », explique t-elle.

Pour sa première exposition personnelle en galerie, Leah Desmousseaux a spécialement réalisé une série de tirages cynaotypes sur le thème des ruines de Palmyre, en Syrie.

L’artiste travaille à partir d’archives physiques et dématérialisées : musées d’antiquités, muséums d’histoire naturelle, sites archéologiques et géologiques, livres illustrés, photothèques et flux internet. Puis, par la manipulation tant optique que haptique de l’image-matière, elle cherche à décontextualiser et à crypter la lecture de ces sources de savoir.

Territoires troubles où les indices du réel sont à décrypter, les images photographiques de Leah Desmousseaux jouent du paradoxe entre mutisme et potentiel narratif de la photographie. Elles ouvrent ainsi une réflexion sur la fabrication de nos représentations et de nos récits, sur l’interprétation de la trace archéologique et sur la véracité de l’empreinte photographique.


https://galerierobetdantec.com/expositions
https://galerierobetdantec.com
Télécharger la plaquette reprenant les photos de l'exposition
avec une interview de l'artiste réalisée par Florence Andoka pour la revue lacritique.org


Galerie du GRRRANIT, scène nationale


Fabien Zocco
Et si les choses tournaient sans nous ?
du 11 septembre au 05 décembre 2020

La démarche artistique de Fabien ZOCCO donne généralement lieu à des situations qu’on pourrait imaginer issues d’un univers dystopique étrangement proche du monde dans lequel nous vivons. Ses réalisations peuvent être des plus divers : film dont les dialogues sont générés par une intelligence artificielle, automates cubiques se déplaçant au sol, flux de texte composé en direct à partir des lyrics des chansons populaires du moment, robots s'affrontant lors d'une partie infinie de jeux-vidéos… Toutes cependant esquissent des agencements poétiques potentiels où les attributs propres à l’humain et plus généralement au vivant (le langage, la parole, le texte, le mouvement…) sont désormais à partager et à négocier avec la machine.

Les œuvres qu'il propose dans le cadre de l'exposition au Granit constituent autant de scénarios d'une technologie-fiction où les rôles habituellement dévolus à l'humain et à l'objet se confondent, se brouillent ou permutent. Chacune, qu'elle fasse intervenir des éléments de robotiques ou encore présente des textes concoctés par des machines, place précisément le spectateur face à cette interrogation : et si les choses, livrées à une autonomie programmée, se mettaient dorénavant à tourner sans nous ?

https://www.fabienzocco.net
www.grrranit.eu
https://www.grrranit.eu/event/fabien-zocco-et-si-les-choses-tournaient-sans-nous/


Ecole d'art de Belfort G. Jacot


Fanny Maugey
Contre-feu


La Cantine d'Art Contemporain, Ecole d'art de Belfort
Commissariat Le 19, Crac dans le cadre de sa programmation hors les murs

Suite à la repousse du vernissage et en attendant la fin du confinement, l'équipe de régie du 19 et l'artiste prennent leur temps pour monter l'exposition de Fanny Maugey à la Cantine d'art Contemporain. Le Bus tour du Trac fait résonner cet entre-deux durant laquelle les oeuvres sont là mais ne font pas encore une exposition. En attendant le vernissage des images en cours de montage et un témoignage de l’artiste.

Fanny Maugey se définit comme une « plastissière ». […] De sa formation initiale en pâtisserie, l’artiste a retenu une mécanique des gestes rigoureusement appris, que le contexte d’une école des beaux-arts l’a ensuite incitée à rendre contingente. A l’écouter, elle semble également avoir acquis de son parcours une forme de boulimie (la diversité de sa production en témoigne) et un pragmatisme qui ont décomplexé sa production. Après moult expérimentations, « quelque chose a lâché, j’ai cessé de faire la différence entre pratique professionnelle et vie personnelle, beaux-arts et cuisine. J’assume pleinement les circulations et les humeurs changeantes, elles me nourrissent ». Point de dilettantisme donc, mais bien plus une forme appliquée de l’intention qui se serait muée en état de vive attention chez celle qui semble toujours être à l’affût de ce moment artistico-culinaire où, dit-elle, « quelque chose prend ». Elle aime employer le terme italien la Mantecatura pour qualifier son travail. Rappelant ce moment crucial de la bonne tenue d’un risotto, l’expression traduit plus généralement cette « prise » chère à l’artiste : « lorsqu’on mélange des corps gras ensemble, cet instant où la sauce se lie, où la magie et le coup de main opèrent ».

Chacune des techniques minutieusement acquises devient-elle ainsi moins une solution qu’une question ouverte à la réaction d’une assemblée humaine et non-humaine. Ce désir de liaison nourrit également chez elle, depuis ces dernières années, un fort intérêt pour la commensalité à travers lesquels corps sociaux et biologiques s’amalgament sans pour autant se dissoudre. Cette voie s’est plus particulièrement affirmée par la réalisation de diverses installations consommables et sculpturales : dans l’espace public avec le collectif Komplex Kapharnaüm (Migrations - Corps Collectif cherche membres), au Mo.Co dans une œuvre participative nous conviant à partager une tuyauterie digestive en chocolat (ZIGZAG) ou encore lors de la performance culinaire qu’elle proposa au 19 (C party!). Autant de situations qui oscillent entre l’expérience de l’outil et du matériau, pour voir ce qui peut « faire » corps, en échappant à l’autorité des usages ou des corporations formalisés. […] « Produire » ne rimant pas forcément avec « se reproduire », Fanny Maugey s’interroge alors sur la nécessité de « laisser des témoins, de produire encore et encore des objets ». Elle se mêle ainsi à une génération qui souhaite, par cette disponibilité, échapper à la productivité d’une sacro-sainte inspiration, légitimée par de non moins vénérables corporations. Elle cultive cette approche technico-processuelle de l’incorporation pour redonner à la création le caractère d’une vitale appétence à (se) laisser engendrer sans fin. Extrait de Florence Meyssonnier, « Fanny Maugey », in Cahier du 19, octobre 2020.

https://www.ecole-art-belfort.fr/fanny-maugey-contre-feu

https://www.ecole-art-belfort.fr


Espace multimédia Gantner


Olia Lialina
Something for Everyone
du 12 septembre au 22 novembre 2020


Olia Lialina, Something For Everyone s'articule autour de 4 œuvres issues de la série des Net Portraits (portraits en ligne) où l'artiste se met en scène et nous invite à plonger dans les spécificités d'Internet : les flux, les URL, les différents protocoles...

Avec les œuvres Treasure Trove (2017- with Mike Tyka), Lossless (2018), une autre dimension esthétique s'offre à nous, chère à Olia Lialina : le bling-bling et ses communautés, ces étonnantes ponctuations qui scintillent sur la toile. Cette exposition sera aussi l'opportunité de découvrir une nouvelle création, coproduite par l'Espace multimédia Gantner qui sera présentée pour la toute première fois : False Memories.

L’exposition Olia Lialina, Something For Everyone, est une façon poétique d’explorer Internet sous un angle différent, en découvrant son architecture, ses secrets et ses trésors à travers le travail d’une artiste et de nous permettre de peut-être un peu mieux comprendre cet outil omniprésent dans nos vies.

Visite à 360°, entretien avec Olia Lialina à retrouver sur :
https://www.espacemultimediagantner.cg90.net/?post_type=exposition&p=3494

Pour en savoir plus sur Olia Lialina :
https://www.youtube.com/channel/UCzXbyUWhMl1CDMDM5XhvCgQ

Pour expérimenter les œuvres en ligne:
http://art.teleportacia.org/#CenterOfTheUniverse

https://www.espacemultimediagantner.cg90.net